Sainte-Marie-aux-Mines : L’exploration de chemins de résilience climatique

Depuis une décennie, un consortium d’une vingtaine de partenaires œuvre à la formation d’une culture climatique à l’échelle du Rhin supérieur (Clim’Ability, Interreg V et VI, 2016-2026). 

D’un accompagnement des acteurs industriels à la formation de territoires résilients, la démarche s’est élargie, projet après projet, à des corridors industriels de sorte à intégrer davantage d’acteurs et de complexité dans la recherche de perspectives/ chemins d’adaptation au changement climatique. 

Cette exploration s’est faite à l’échelle de sites pilotes – Sainte-Marie-aux-Mines, Murgtal et Port Autonome de Strasbourg -, prêts / déterminés à s’engager dans une recherche-action, structurée autour de l’identification de vulnérabilités territoriales et l’exploration de solutions soumises à des expérimentations grandeur nature pour validation. 

À l’issue de ce cheminement entre chercheurs, autorités publiques, associations, collectifs hybrides et acteurs privés, nous avons souhaité enrichir la mémoire collective de Sainte-Marie-aux-Mines par la production d’une vidéo de synthèse du projet adossé à quelques témoignages d’acteurs de ce territoire emblématique du Rhin supérieur. Cette production s’est faite grâce à la contribution de : 
 
  • Prof. Dr. Florence Rudolf, responsable scientifique 
  • Dr Murielle Ory, sociologue, ingénieure de recherche, responsable de la conduite d’entretiens et de la méthode de conception inventive. 
  • Haifa Mahmoud, architecte urbaniste, ingénieure d’études, responsable de la communication. 
  • Adrian Schwartz, Cinéaste, assistant de recherche, Laboratoire d’écologie des médias à l’université d’Offenbourg
  • Janna Häcker, Cinéaste, assistant de recherche, Laboratoire d’écologie des médias à l’université d’Offenbourg
  • Sebastian Lindlar, Soundingeneur
  • Valérie Lamielle, Monteuse vidéos/ Video montage, Acte2, Boursay, Centre-Val de Loire, France 

En effet, Sainte-Marie-aux-Mines se qualifie par son ancrage dans la culture frontalière et son cosmopolitisme. Longtemps ville frontière, à cheval entre un héritage germanique et français, Sainte-Marie-aux-Mines est née d’une fusion entre deux communautés, attestée par l’aménagement de passerelles au-dessus de la rivière la Liepvre qui la traverse.

De cet évènement, elle conserve de nombreux vestiges qui alimentent son label de ville patrimoniale. 

D’un passé faste fondé sur l’exploitation des Mines d’argent, l’essor du textile et les migrations économiques au profit de la croissance des Trente glorieuses, Sainte-Marie-aux-Mines s’est toujours qualifiée par son aptitude à surmonter les crises et les incertitudes. C’est ainsi qu’au déclin entamé avec la première crise pétrolière, elle a répondu par une stratégie de développement touristique par la valorisation de son économie de moyenne montagne et par l’équipement d’une petite station hivernale au col de Bagenelles à compter des années 70.

C’est autour de cette infrastructure critique au changement climatique que le projet s’est rapproché des autorités publiques de Sainte-Marie-aux-Mines pour négocier un partenariat de site pilote dans le cadre du projet Clim’Ability Care. Ce dernier explore comment le changement climatique s’invite dans l’histoire de Sainte-Marie-aux-Mines ? Comment il sollicite de nouveaux questionnements et met la collectivité à l’épreuve de nouveaux enjeux ? Si le devenir de la petite station du col des Bagenelles s’est imposée comme un des points critiques auxquels la collectivité doit faire face, l’enquête a permis de relativiser progressivement cette approche, circonscrite au devenir d’une infrastructure critique, au profit d’une vision plus systémique et globale.

Les 10 vidéos relatent des temps forts de l’enquête par les entretiens auprès d’acteurs ressources, dont la maire de Sainte Marie aux Mines (Noëllie Hestin), l’archiviste de la communauté de communes du Val d’Argent (David Bouvier) et la responsable scientifique du projet Clim’Ability Care (Florence Rudolf, INSA Strasbourg) et bien d’autres témoignages, dont le projet s’est nourri.

Parmi les nombreuses pistes de résilience esquissées à partir des arborescences issues de la conception inventive, notamment, la principale à s’être imposée passe par un tissage accru entre la ville et le col des Bagenelles d’une part, et de manière générale par une mutualisation plus forte entre les différents potentiels existants d’autre part.

Ce scénario équivaut à un travail d’accessibilité des sites remarquables de la commune par les habitant.es et les visiteur.ices. Cette option procède de l’observation selon laquelle les vulnérabilités d’aujourd’hui sont les legs de richesses passées auxquelles il convient de donner un nouveau souffle par leur actualisation et leur mutualisation. Cette option engage une réflexion autour des mobilités, de l’économie résidentielle ou de propositions d’aménagement de sentiers découverte adossés à un agenda saisonnier (Chantier Éco-Conseil), voire sur l’approfondissement de filières potentiellement créatrices d’emplois et de compétences de manière plus ambitieuse. Le scénario déployé fait le pari de la coopération entre les différents acteurs du territoire.

C’est par cette dernière que les chemins de résilience territoriaux trouveront leur ancrage.

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