Wintertourismus am Oberrhein

Quels défis pour les stations de ski
dans le massif des Vosges
et de la Forêt Noire ?

Importance du tourisme hivernal
pour le territoire du Rhin Supérieur

Le tourisme hivernal va devoir innover pour s’adapter au changement climatique !

Le tourisme de montagne constitue une activité économique majeure du Massif des Vosges et de la Forêt Noire. Les deux massifs sont caractérisés par une grande richesse de leurs milieux naturels : eau, forêts, paysages fondent leur identité. La qualité et la disponibilité de ces ressources naturelles ont contribué au développement économique et industriel des deux territoires et sont aujourd’hui des piliers de leur attractivité touristique. La richesse et la diversité des paysages et espaces naturels constituent pour les deux massifs des atouts indéniables d’un tourisme basé sur la pratique d’activités récréatives quatre saisons.

Les facteurs de sensibilité du tourisme hivernal

> Enneigement naturel : contribue à l’attractivité de la station (beauté des paysages enneigés) et à la qualité de la neige pour skier,
> Températures basses en hiver : les exploitants de stations ont besoin de températures froides et de jours de gel pour produire la neige de culture et pour stocker la neige naturelle et de culture,
> Tout aléa pouvant compliquer la pratique des sports extérieurs (raquettes, ski, luge, etc.) : vents forts, tempêtes, précipitations, extrêmes de froid,
> Bonnes précipitations : la disponibilité en eau, besoin en eau potable pour l’hôtellerie et pour la production de neige de culture,
> La saisonnalité: la saison hivernale doit être suffisamment longue (idéalement de début décembre à fin mars) afin qu’elle corresponde aux périodes de congés scolaires et jours fériés,
> L’altitude : les stations en dessous de 1000 m seront plus exposées à la baisse de l’enneigement naturel.

Des transformations en cours perceptibles …

> Depuis 1959, hausse des températures moyennes par décennie de + 0.4°C en hiver et + 0.5°C en été,

> Le nombre de jours d’enneigement est resté relativement le même de 1880 à 1990, mais il a commencé à se réduire après 1990 (fig.1),

> La durée d’enneigement a baissé de 20 à 50%, en particulier dans les altitudes basses et moyennes (fig.2),
 
> Il neige de plus en plus haut à la Bresse. Le niveau altimétrique de la limite pluie/neige est monté de 200 mètres d’altitude depuis 1970. De façon métaphorique, les Vosges et la Forêt Noire perdent en altitude : les sommets descendent d’un centimètre par jour, soit d’environ 400 mètres sur l’échelle d’un centenaire.

Exemples d'évolution

Fig. 1: Évolution de la couverture neigeuse (Hauteur de neige en cm) Endlicher und Matzarakis 2011, p. 343
Fig. 2: Évolution des jours de neige (2021-2050) – (1971-2000) en % Endlicher und Matzarakis 2011, p. 347

Des évolutions climatiques qui imposent aux stations de se réinventer

Cette tendance sera accompagnée par :
> Une hausse des températures moyennes de 1,4° – 2°C jusqu’à 2050,
> Une baisse du nombre de jours de gel par an,
> Un décalage des saisons : allongement des périodes aux températures « estivales », baisse des saisons froides,
> Une modification des régimes des vents et un risque d’augmentation de tempêtes,
> Une augmentation des précipitations hivernales (de max. 30%), surtout des fortes pluies,
> Une baisse des périodes d’extrême froid.

Ces changements climatiques ont un impact
sur le tourisme hivernal puisqu’ils entraînent
un raccourcissement de la saison d’exploitation
des stations de ski. Cependant, ils sont une opportunité pour étoffer les activités proposées
en hiver (luge sur rail, VTT, espace nordique, visites guidées nature) et développer une offre touristique
« 4 saisons » complémentaire entre stations.

Les Vulnérabilités et Potentiels de la branche

Faiblesses :

> Part importante des sports d’hiver dans la valeur ajoutée totale, en particulier sur les communes de haute montagne (Feldberg, Ballon d’Alsace),
> Risque élevé de perte de revenus en raison du manque de neige et des mauvaises conditions météorologiques dues à la tempête, à la pluie, au
brouillard, etc. (Fig.3),
> Basse altitude (< 1 000m), les petites stations de ski ne sont plus rentables,
> Les effets complexes des facteurs de stress climatiques sur plusieurs secteurs de l’entreprise –> rend également l’adaptation complexe (Fig.4),
> Les canons à neige, comme mesure d’adaptation à court terme et à forte intensité d’investissement, augmentent la demande en eau, exercent une pression sur l’écosystème et provoquent des risques d’endettement,
> Perte d’image de la région des sports d’hiver en raison de la diminution de la fiabilité de la neige.

Potentiels et atouts de la branche :

> Sensibilisation des acteurs locaux aux risques,
> Mesures d’adaptation déjà engagées, par exemple par des formes de coopération au sein de réseaux régionaux,
> Promotion de la diversification et de l’image par les associations touristiques régionales,
> De meilleures conditions pour les sports de plein air en raison d’une période prolongée de beau temps –> compensation de la perte de revenu
en hiver,
> La nature intacte et le paysage culturel en tant que potentiel de développement du tourisme doux.

Fig. 4 : Aléas climatiques et domaines exposés mentionnés dans des entretiens, Source : Glaser, Scholze & Jergentz (2019), modifié selon Daus (2017).

Témoignages d’entreprises

Neige et ciel bleu

« Je vais le dire comme ça: un hiver avec beaucoup de neige mais peu de beau temps n’est pas nécessairement un bon hiver pour nous. Par contre, un hiver avec un enneigement décent et du beau temps les weekends, c’est un bon hiver pour nous. »

« Nous sommes dépendants du temps, à 100%. D’abord, il nous faut de la neige ou des températures suffisantes pour les canons de neige. De plus, on a besoin de la météo juste pour que les gens viennent.C’est un risque très élevé. »

Potentiels et atouts de la branche :

« La sécurité de l’enneigement est essentielle. Nos clients veulent pouvoir compter sur une offre constante. »


« L’année dernière, je n’ai ouvert
qu’une semaine ma station. »

Perceptions des clients / situation météo générale

« Les prévisions de la météo sont beaucoup plus importantes que le temps qu’il fait vraiment. Si la météo annonce de la pluie, personne ne va venir même si le temps est magnifique.»

« Quand il y a de la neige aussi dans la vallée on a beaucoup plus de monde ici. Je dirais presque le double. »

Dépendance de l’altitude

« Chez nous ça ne monte qu’à 1280 m. En dessous de 1000 m, on peut bientôt laisser tomber. Le seuil des 1000 m s’avère de plus en plus. En dessous, c’est mal, au-dessus ça va beaucoup mieux. »

Accessibilité

« La route du Kandel était barré de temps en temps à cause de masses
de neige ou des arbres tombés.»

Formes d’adaptation possibles

De nombreuses mesures peuvent être prises pour s’adapter au changement climatique et minimiser les risques. Beaucoup d’entre elles sont déjà mises en oeuvre, mais toutes les mesures ne sont pas pertinentes pour toutes les entreprises. En outre, certaines mesures peuvent entraîner des répercussions non souhaitées (mal-adaptation).

Mesures techniques

> Enneigement artificiel avec des canons de neige
> Damage
> Stockage de la neige
> Pare-neiges
> Infrastructures nouvelles
de remonte-pente comme
des télésièges, téléphériques, télébobs.

Diversification de l’offre

> Création d’offres indépendantes de la neige et de la météo,
> Offres à l’intérieur, activités
d’été et de loisirs « fun »,
> Élargissement des groupes
cibles : accrobranches,  randonnées d‘hiver, la luge sur les pistes de ski, luge d‘été, etc.
> D‘autres alternatives
«mauvais-temps»: piscines, patinoire, sorties  culturelles, musées, produits locaux et artisanaux.

Réseaux locaux

Améliorer la coopération locale,

Marketing

Promouvoir une image positive de la région par la diversité et la fiabilité des offres,

Organisation du travail

Flexibilisation des conditions de travail,

Couverture financière

Assurances, crédits.

Témoignages d’entreprises de stations de moyenne montagne

« Toutes les stations ont une exposition différente aux conditions climatiques et il y a donc une très grande inégalité de ce point de vue. Certaines sont plus exposées au vent, d’autres plus ensoleillées. On doit faire avec et depuis toujours on s’adapte aux aléas climatiques »

« Les canons à neige c’est une solution pour les stations qui ont l’argent pour investir. Les petites stations ne peuvent pas rentabiliser un tel équipement, d’autant plus que les canons à neige ne fonctionnent pas  systématiquement. Car s’il ne fait pas assez froid, c’est-à-dire en dessous de 3-4 degrés, on ne peut pas produire de neige et surtout on ne peut pas la stocker et la conserver. Donc pour nous la réponse c’était plutôt de laisser tomber le sky et de se diversifier. C’est pourquoi on a ouvert une belle auberge avec des hébergements et on fait venir les gens pour la vue, le calme, des animations autour de noël et des lutins de la forêt, etc. »

« Pour compenser la perte financière due aux  mauvaises conditions hivernales on essaye de  compenser avec une plus grande offre d’activités estivales comme le vtt, la randonnée, la luge d’été, mais ça ne suffit pas forcément à rééquilibrer la balance financière. »

« Pour s’adapter on doit aussi repenser notre communication, rester positif et montrer que
la montagne ce n’est pas forcément la neige, qu’il y a d’autres façons de voir nos paysages même en hiver et qu’on a beaucoup d’activités à offrir aux touristes même sans neige. »